L'histoire du chanvre nous révèle qu'il est très probable que l'espèce naturalisée en Europe
soit originaire de Chine ou d'une contrée de l'Asie méridionale ; cette avis est généralement admis.
L'Europe a reçu de la Chine une autre plante annuelle comme le chanvre, et dont les Chinois tirent
aussi une filasse qu'ils préfèrent à celle du chanvre pour les cordages, c'est l'abution à
feuilles de tilleul (sida Mue folia).
Le chanvre serai donc l'une des premières plantes domestiquées
par l'homme, probablement tout à la fois pour ses fibres solides, ses graines oléagineuses
nourrissantes et les propriétés médicinales de sa résine.
Au Moyen âge, l'empereur Charlemagne va fortement encourager la culture du chanvre. Il s'agit
alors d'une denrée stratégique, gage de prospérité, en raison des nombreuses utilisations permises
par sa fibre : vêtements, cordages, voiles.
Les Arabes ont perfectionné la technique de fabrication du papier à partir de chanvre ;
papier qui sert de moyen de diffusion des manuscrits et de nombreux textes de portée scientifique
(mathématique, astronomie, médecine, etc.), littéraire ou philosophique.
Au XVIIème et XVIIIème siècles, les navires sont alors propulsés par la seule force du vent.
Le chanvre est utilisé pour fabriquer les cordages, les câbles, les échelles et les haubans,
ainsi que les voiles.
«Un navire de taille moyenne utilise 60 à 80 tonnes de chanvre sous forme de cordages et
6 à 8 tonnes sous forme de voile, par an.», relève le professeur agrégé d'histoire Serge
Allegret.
Le chanvre a donc pendant cette période la place d'un matériau stratégique, au même titre que
le charbon quand apparaîtront les machines à vapeur ou le pétrole aujourd'hui.
En 1666, Colbert crée la corderie royale
associée à l'arsenal de Rochefort sur Mer, et réalise
un important travail pour sécuriser l'approvisionnement en chanvre national.
Concurrencé dans son usage textile par les fibres exotiques (jute, sisal, kenaf), et par
les fibres synthétiques (nylon), concurrencé dans l'industrie papetière par le bois, le chanvre
décline rapidement au cours de la première moitié du XXème siècle.
En France, par exemple, 176.000 hectares sont emblavés en 1840. En 1939, la superficie cultivée
n'est plus que de 3.400 hectares.
Dans les années 1960, l'Inra et la FNPC (Fédération nationale des producteurs de chanvre) démarrent un programme de sélection variétale pour mettre au point des cultivars monoïques et à faible teneur en THC.
En 2010, 15 000 hectares de chanvre sont cultivés en Europe dont 9 à 10 000 dans l'Hexagone.
Le chanvre en Poitou-Charentes
A Ouzilly (Vienne), vers 1876, le bâtiment du moulin à blé appartenant à Léopold de Fouchier est transformé et
loué à MM. Jamet et Prinet qui y installent une usine de traitement du chanvre. La roue du moulin
fait fonctionner un pilon et une casseuse (ou broyeuse ?), tandis qu'une machine à vapeur
entraîne les autres mécanismes.
Le chanvre récolté par les cultivateurs de la commune et des
localités voisines est acheté par la maison Jamet-Prinet, qui en assure le traitement jusqu'à
l'obtention de la filasse. Le rouissoir se situe juste de l'autre côté de la voie communale
(il est aujourd'hui remblayé).
La filasse, portée à la gare de Saint-Genest-d'Ambière, est
expédiée en grande partie en Amérique du sud via le port de Bordeaux. La fabrique atteint son
plein essor dans les années 1900.
En 1901, 21 habitants d'Ouzilly sont peigneurs de chanvre chez Jamet-Prinet.
Du chanvre à Melle
Aujourd'hui, l'entreprise Poitou Chanvre cultive du chanvre en Deux Sèvres ;
elle le transforme à La Vergne (à proximité de Melle) pour en faire une laine de chanvre cardée et une chènevotte fibrée
pour l'isolation des maisons d'habitations.
Histoire du chanvre (wikipedia)
Traitement du chanvre à l'usine d'Ouzilly (Le patrimoine industriel de Poitou-Charentes)
